Skip to content

La Ville dépense t-elle trop ?

La Ville de Caen est-elle aussi dépensière que la droite caennaise l’affirme ? Ou bien est-elle maître de son budget comme Philippe Duron n’a de cesse de le répéter ? Pour le savoir et démêler le vrai du faux, nous nous sommes plongés dans les comptes de la Ville.

Les dépenses sont-elles contenues ?

C’est un argument majeur de l’opposition : les dépenses progresseraient plus vite que les recettes, fragilisant l’équilibre budgétaire de la Ville. Qu’en est-il vraiment ?

En terme de fonctionnement de la Ville, c’est totalement faux. Les recettes sont supérieures aux dépenses et permettent un excédent qui sert à augmenter l’épargne brute, à rembourser la dette ou à grossir le montant dédié à l’investissement. Sur le graphique suivant, on voit nettement que les dépenses dépassent les recettes. Le résultat comptable n’est que la soustraction des recettes moins les dépenses.

De plus, les charges de fonctionnement à Caen sont moins élevées que dans la moyenne des moyennes et grandes villes françaises.

Si l’on s’intéresse à l’investissement, rien ne change. Le montant utilisé chaque année n’excède pas les ressources allouées à la Ville. En revanche, il est totalement faux d’affirmer, comme Philippe Duron le fait, que le montant de l’investissement de sa mandature est supérieur à celui de sa prédécesseur, Brigitte Le Brethon.

Quelle est l’épargne de la Ville ?

Il y a deux formes d’épargne à distinguer :

  • L’épargne brute correspond à l’excédent brut de fonctionnement, c’est-à-dire à l’argent qu’il reste à la commune une fois que les frais de fonctionnement sont payés.
  • L’épargne nette correspond à l’argent qu’il reste à la commune après avoir payé l’intérêt et le remboursement annuel de sa dette envers ses créanciers.

L’épargne nette de la Ville, après avoir été négative pendant de nombreuses années à cause du poids de la dette sur son budget, remonte progressivement à flot. Elle a connu une plus forte augmentation depuis l’élection de Philippe Duron depuis que les impôts locaux ont augmentés de 6,5% en 2009. Cette épargne nette, aussi appelée capacité d’autofinancement permet des opérations d’investissement et de mettre la commune à l’abri d’aléas budgétaires.

Quel est l’état de la dette ?

La priorité de Philippe Duron étant l’investissement, la réduction de la dette de la Ville a été moindre que sous la mandature précédente. La dette a d’ailleurs augmenté pour la première fois depuis longtemps en 2012.

Le désendettement effectif entre 2008 et 2012 atteint 4 036 000 euros. On est donc très loin des 10 millions d’euros clamés par Philippe Duron.

L’annuité de la dette a constamment diminué depuis le pic atteint en 2003 sous Brigitte Le Brethon. L’annuité correspond à l’argent que la Ville rembourse aux banques chaque année (intérêts + remboursement) et représente donc un poids variable sur le budget de la Ville. De grosses annuités obligeront la Ville à dépenser toute son épargne brute et une partie de budget d’investissement pour rembourser les banques. D’où l’intérêt d’avoir une annuité qui ne pèse pas sur le budget municipal.

Gary Dagorn

Share on Facebook0Tweet about this on Twitter0Share on Google+0
2 commentaires Écrire un commentaire
  1. Francescu #

    À quoi est dû le pic d’investissement (et le creux, pour l’épargne nette) de 2003 ?

    mars 10, 2014
  2. Le pic d’investissement et le creux de l’épargne nette de 2003 sont vraisemblablement dues au coût important de la dette de la ville cette année-là. Les annuités ont atteint 32 millions d’euros, ce qui est considérable.

    mars 10, 2014

Répondre

Vous pouvez utiliser quelques balises HTML dans vos commentaires. Votre adresse email ne sera pas publiée.

Abonnez-vous au flux RSS des commentaires de cet article